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Röyksopp – Senior

Comme souvent, dans toute composition gémellaire, il y a le bon et le mauvais jumeau. Si Junior avait précipité en son temps le duo norvégien dans une dance kitsch d’un goût douteux, les premières écoutes de Senior nous démontrent que Röyksopp a retrouvé la lumière. Album de la maturité,...

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Santana – Welcome (1973)

Posted by boudanight | Posted in Musique | Posted on 16-05-2012

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Considéré comme l’un des disques les plus expérimentaux de Santana, Welcome se démarque de la titanesque discographie du groupe (plus d’une trentaine d’albums), en proposant un melting-pot musical portant la marque d’un genre initié entre autre par Miles Davis et Franck Zappa, le Jazz fusion. Plus qu’un disque, Welcome est un vestige du temps, qui fossilise au travers de ces 9 pistes un paysage musical aux horizons multiples, témoignage intemporel d’une époque totalement folle. Rock, jazz, samba, soul, funk, autant de styles qui s’entrechoquent dans un univers sonore aux limites sans cesse repoussées.

De son ouverture jusqu’à sa conclusion, Welcome surprend et suspend, plongeant l’oreille dans une ivresse musicale dionysiaque. Premier écho cosmique de l’album, « Going Home » et son électronique liturgique, grésille dans un concert de cymbales, sublimé par la sonorité mystique d’une guitare électrique dissonante. Transcendantal…

Cette ouverture, préambule d’un trip vers une autre dimension, inaugure avec grâce un cheminement toujours incertain dans son dénouement. De l’amour du jazz il est ici question mais pas seulement… Difficile d’apposer une étiquette sur ce disque tant ses résonances sont issues d’univers musicaux différents. En leur approche les titres répondent du jazz, de cette manière de perdre le fil pour mieux le retrouver, tout en mêlant des styles bien hétérogènes. Santana s’amuse ainsi avec nos tympans, en traversant un répertoire musical qui laisse pantois.

      « En leur approche les titres répondent du jazz, de cette manière de perdre le fil pour mieux le retrouver »

 

D’une piste à l’autre, la surprise est toujours au rendez-vous. De la pop-soul de « Love, Devotion, and Surrender » à la Samba du titre éponyme « Samba de Sausalito », les virages pris à 180 degrés sont légion mais jamais indigestes… La preuve avec « When I look into your eyes » et ses lignes de guitares tourbillonnantes répondant à des percussions soumises çà et là au sifflement d’une flûte enchanteresse, pour enfin exploser dans un épectase électronique, incongru mais absolu.

Le cirque continue, démesure et grandiloquence au programme, se profile l’endiablant « Mother Africa ». Hymne à la vie bondissant et entêtant, qui émoustille les sens de part sa rythmique infernale, soutenue par l’ange Michael Shrieve, reconnu à jamais lors du fameux Woodstock de 1969 pour son dantesque solo de batterie sur « Soul Sacrifice ».

            « De son ouverture jusqu’à sa conclusion, Welcome surprend et suspend, plongeant l’oreille dans une ivresse musicale dionysiaque »

 

De notre mère africaine et universelle fait suite «Light of life », petit bijoux de funk aux élans lyriques porté au firmament par la profondeur de l’arpège déstructurée inhérent à la guitare de Carlos Santana. Une guitare qui nous ensorcelle à nouveau durant les onze minutes de « Flame Sky », tornade musicale qui compose à l’improviste des gammes atemporelles, suspendues quelque part dans les nues. Enfin Alice Coltrane, veuve en cette période du mythique saxophoniste, s’invite sur la dernière piste « Welcome », distillant au piano une cascade de notes qui ruissellent sur notre chair, encore frissonnante de plaisir…

En bref : Album à l’ambition artistique démesurée, expérimental et inclassable, célébrant la rencontre du jazz et du rock en s’appuyant sur un parterre d’instrument vertigineux, Santana s’affirma avec ce « Welcome » comme un groupe majeur de la scène musicale des 70′s. Une oeuvre magique et unique…

 

Une usine sur le front

Posted by boudanight | Posted in Politique, Société | Posted on 04-05-2012

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Rencontre avec Leila Chaibi, porte parole de Jean Luc Mélanchon et secrétaire nationale du Parti de Gauche à l’abolition de la précarité.

The Black Keys, El Camino (2012)

Posted by boudanight | Posted in Musique | Posted on 04-05-2012

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Dernier album des maintenant très (trop) populaires The Black Keys, « El Camino » s’institue comme une usine à tubes. De la terre sale et graveleuse du blues rock au bitume policé de la musique pop-rock taillée pour les ondes FM, les deux compères semblent s’être endormis sur l’aire de l’autoroute qui mène au succès… Explications.

Miséricorde, la reconnaissance mènerait-elle à l’indolence ? C’est la question que l’on peut se poser à l’écoute de cet album, qui trahit insidieusement la verve portée jusque là par le duo américain. Sournois en effet est ce disque. Un ingrédient nouveau s’est introduit dans la recette, de cette galette musicale, qui une fois consommée, reste sur l’estomac. Cet ingrédient ? Le succès commercial pardi !

Si Big Brother avait hissé en son temps The Black Keys aux sommets, et définitivement assit les deux garçons sur le trône de la scène rock mondiale, on ne peut que s’affliger des dégâts infligés par leur réussite commerciale, soit dit en passant, amplement méritée. Car pour les Charts, de toute évidence, est taillé ce nouvel opus. Refrains à la pelle, mélodies tirées au cordeau, on repassera pour l’effet de surprise, si bien que peu de titres arrivent à surprendre nos tympans

  »Pour les Charts, de toute évidence, est taillé ce nouvel opus »

Un syndrome qui touche l’ensemble des compositions de ce disque bien inégal. Malgré quelques titres soufflant le chaud tel que « Mind Eraser »,  »Money Baker », « Gold on the Ceiling »l’ensemble de ce El Camino délaisse une terrible impression de suffisance. Des riffs de guitares répétitifs et sans âme, à la voix de Dan Auerbach galvaudée par un mixage sonore bien trop lisse, l’expression musicale qui se dégage des « Nova Baby » et autre « Dead and Gone », nous plonge en pleine soirée adolescente arrosée de bière aromatisée. Une véritable rupture avec l’identité sauvage et brutale du blues-rock qui estampilla par le passé les autres oeuvres du groupe telles que Magic potion et Attack and Release.

  »Les guitares n’ont plus cette résonance brute, par laquelle chaque note exprimait la poussière d’un vieux garage grungy »

Alors certes, ces précédents albums ont toujours été portés par l’immédiateté du ressenti inhérent au rythme du blues-rock, mais sa spontanéité n’est ici plus qu’une illusion, et c’est bien dommage. Car El Camino tel qu’il signifie en espagnol, le chemin, inaugure une nouvelle voie, trop structurée pour surprendre, aussi bien dans l’arpège que dans la gamme. Pire c’est l’intonation sonore des instruments qui manque de sincérité, pour véritablement ensorceler l’esprit. Les guitares n’ont plus cette résonance brute, par laquelle chaque note exprimait la poussière d’un vieux garage grungy. Trop léger est ce cocktail pour enivrer l’âme du rockeur, qui devant l’éternel, criera à la profanation ! Un breuvage d’eau pas forcément bénit, auquel on préféra la chaleur d’un bon whisky, qui réchauffera les cœurs, amateurs de musique diabolique…

En bref : El Camino infirme l’essence blues des Black Keys, pour ouvrir la voie d’un rock bridé par une enveloppe pop, qui au final, trahit l’identité originelle des deux compères de Nashville. Un album très en deçà de la discographie des Black Keys, vers laquelle il est vivement conseillé de retourner, en espérant que le tir soit rectifié au prochain essai. A bon entendeur !