Featured Post

Röyksopp – Senior

Comme souvent, dans toute composition gémellaire, il y a le bon et le mauvais jumeau. Si Junior avait précipité en son temps le duo norvégien dans une dance kitsch d’un goût douteux, les premières écoutes de Senior nous démontrent que Röyksopp a retrouvé la lumière. Album de la maturité,...

Read More

BUG, un amour qui démange

Posted by boudanight | Posted in Cinéma | Posted on 20-03-2012

0

Peu connu du grand public malgré la réalisation en 1971 d’un mythe absolu du film d’horreur, l’Exorciste, on avait presque oublié ce réalisateur de génie qu’est William Friedkin . Son dernier long métrage, BUG, paru en 2007, ravive la flamme de ce genre souvent casse gueule qu’est le thriller. Une plongée oppressante dans un huit clos tenu à bout de bras par le superbe Michael Shannon (Taking Shelter, Boardwalk Empire).

BUG, titre énigmatique pour un film dont on ne saisit la signification qu’après une heure de visionnage. En amont, l’histoire dépeint la vie d’une jeune femme, Agnès. Sans réelles perspectives, hormis celles des murs du motel sordide où elle réside, les jours défilent sans véritable sens, rythmés par les visites impromptues d’un ex-petit ami à la férocité prononcée. Le récit, empêtré en sa première partie, dans une structure narrative très classique, bascule dès lors que la jeune femme rencontre Peter, un vagabond au profil obscur, mais doté d’un profond humanisme. Il n’en fallait pas plus à la demoiselle pour succomber aux charmes du garçon et s’engager dans une relation passionnée et incandescente.

       « Si l’étrange est latent, toujours tapi dans un coin,

c’est qu’il est dissimulé en premier lieu par la romance entre Agnes et Peter »

 

Le rythme du film monte dès lors crescendo, soutenu par les frasques mystérieuses de Peter, dont la vrai identité va se révéler peu à peu.Toute la subtilité de BUG tient ainsi dans une menace invisible, toujours pressentie mais jamais mis à nue. Friedkin distille de la sorte, une angoisse qui évite les poncifs du genre. Toute en retenue, cette dernière s’empare de l’intrigue, sans que l’on s’en aperçoive forcément, pour ensuite surprendre le spectateur dans des séquences pour le moins pernicieuses. Car si l’étrange est latent, toujours tapis dans un coin, c’est qu’il est dissimulé en premier lieu par la romance entre Agnes et Peter. Ainsi cette idylle tempère en apparence, les affres de deux êtres en totale perdition. Sous l’impulsion des peurs abracadabrantesques de Peter, les deux amants vont alors s’enfermer dans un cocon coupé de la réalité, emportés par la folie de leur passion.

Le film s’engage alors dans une dimension théâtrale. Le décors ne se résume plus qu’à l’appartement d’Agnès, abandonnant le spectateur à la dégénérescence de deux êtres au comportement insensé. Coupés du monde extérieur, rien n’empêche plus Peter d’attirer Agnès dans une réalité construite de toutes pièces par sa schizophrénie. Aveuglée par le charisme de l’homme et de la boisson, la jeune femme entre alors à son tour dans ce monde dévasté par la folie.

 « Rarement un film n’avait placé le spectateur dans un tel inconfort »

 

Tout le savoir faire de mise en scène de William Friedkin intervient alors. Bruitages sonores, images subliminales, dérèglement des filtres de la pellicule, sont autant d’artifices pour signifier une ambiance quasi-irrespirable. Suivre la déperdition psychique des deux protagonistes devient dès lors un véritable enfer pour les nerfs et la raison. Rarement un film n’avait placé le spectateur dans un tel inconfort. Si bien que l’on en vient à souhaiter que tout cela cesse rapidement, pour notre propre bien ainsi que celui des personnages.

Bug dérange, oppresse, surprend, et ce continuellement. Appréhendé d’une manière elliptique, le personnage de Peter ,au diapason de l’angoisse, ne se révèle que par fragments, garantissant au spectateur une stupeur constante. Tel l’insecte qui croupi sous terre, BUG s’immisce là où on ne l’attend pas. C’est bien toute la force de ce film « ovni », singulier et déjà culte, mais terriblement éprouvant. Attention âmes sensibles s’abstenir…


 

Röyksopp – Senior

Posted by boudanight | Posted in Musique | Posted on 05-03-2012

0

Comme souvent, dans toute composition gémellaire, il y a le bon et le mauvais jumeau. Si Junior avait précipité en son temps le duo norvégien dans une dance kitsch d’un goût douteux, les premières écoutes de Senior nous démontrent que Röyksopp a retrouvé la lumière. Album de la maturité, ce dernier envisage tout ce que le groupe a pu expérimenter musicalement depuis son premier disque, l’inoubliable Melody A.M. Senior s’assimile ainsi à un pot-pourris aux odeurs sensiblement différentes, mais qui au final délivre une senteur fortement enivrante. Retour sur cette composition musicale bigarrée dont le parfum risque de faire tournoyer bien des sens.

Attention, pénétrer dans l’univers de ce Senior risque de laisser quelques esprits prisonniers de cieux trop élevés tant l’univers envisagé sur ce disque semble s’être délesté du poids de la gravité. En bonne et due forme, ce voyage céleste débute par le très atmosphérique « And The Forest Began To Sing », une introduction vers un décollage imminent.

En effet dès le second titre »Tricky Two », l’identité électronique du binôme norvégien se révèle au gré d’un beat au diapason terriblement efficace, ornée de nappes sonores oniriques, soutenant parfaitement le tempo d’une électro de plus en plus agressive. Transi par ce voyage à la vitesse de la lumière, on reprend difficilement ses esprits… La suite « The Alcoholic » relâche heureusement la pression tel un « pchit » de canette de boisson gazeuse. Tout en progression, ce titre propulse l’auditeur dans une apesanteur qui ne le lâchera plus jusqu’à la fin du disque. Entre basses profondes et distorsions sonores, Röyksopp renoue sur cette piste avec son goût pour une mélodie pop bien sucrée, et sempiternelle dans la ritournelle qu’elle impose.


En avançant dans ce voyage auditif on admire les prises de risque du groupe, ce dernier n’hésitant pas à se remettre en cause et à s’ouvrir vers de nouveaux univers musicaux, comme sur « Senior Living » et sa guitare solennelle, qui n’est pas sans nous rappeler les westerns spaghettis chers à Ennio Morricone.

Aux ambiances cinématographiques se juxtaposent d’autres titres révélant les affects constitutifs de l’identité « Ambiant-Electro » du groupe. Tel que le très entraînant « The Drug », hymne à l’électro minimale, jouant du contre rythme pour mieux relancer son inlassable beat… Dance floor quand tu nous tiens !

A la différence de son aîné Junior, Senior délaisse le chant pour se concentrer uniquement sur le son. Un parti pris artistique qui fait toute la force de cet album, et qui démontre que le duo norvégien s’est enfin réconcilié avec son amour pour l’expérimentation musicale. Comme en témoigne le transcendantal « Forsaken Cowboy », dont l’envolée lyrique soutenue par un chœur enchanteur n’est pas loin d’aboutir à l’orgasme auditif.

Ravis par toute cette bonne volonté, on se dit que Röyksopp est de retour, mais pas seulement… Senior fait partie de ces albums sur lesquels chaque piste participe à l’harmonie artistique de l’objet, révélateur au final d’une identité reconnaissable entre mille. Un disque qui doit s’écouter dans son intégralité pour être pleinement apprécié, en même temps qu’il peut s’envisager vers une écoute plus fragmentée, orientée par des joyaux (« The Alcoholic », « Forsaken Cowboy »…) dont l’éclat n’est pas près de s’affaiblir.

En bref : Senior démontre que Röyksopp renoue avec un son plus expérimental, délaissant les structures « dance » calibrées pour le dance floor, avec lesquelles son prédécesseur Junior composait. Sans oublier ce qui a fait son succès, à savoir des mélodies accrocheuses et diablement enivrantes, Röyksopp signe avec ce Senior un grand disque de musique d’ambiance, dans lequel l’électronique épouse à merveille l’instrumental.

25 ème anniversaire du téléthon: match de foot Radio France/France Télévision

Posted by boudanight | Posted in Réalisations vidéos | Posted on 01-03-2012

0