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Endormi depuis 2006 et la sortie de son dernier long métrage Inland Empire , David Lynch s’éveille à nouveau avec la sortie de son disque Crazy Clown Time. Apres le cinéma, la peinture et l’écriture, le réalisateur choisit d’exprimer son univers surréaliste par le biais la musique. Un pari risqué mais qui s’avère plutôt réussi…
Aux premières écoutes, l’album frappe nos tympans par sa variété musicale. Du blues, du rock, de l’électro s’entrechoquent durant les 14 pistes composant cet étrange voyage auditif.
Et lorsque Lynch passe derrière le micro, la transposition de son art n’en est que plus signifiante. Effets de reverb, distorsion de la voix, le cinéaste impressionne par cette mutation artistique.
Une transformation certes, mais d’une parfaite cohérence avec l’oeuvre Lynchienne. Plus qu’un simple disque, Crazy Clown Time prolonge l’univers du réalisateur, telle une réminiscence de Twin Peaks et autre Mulholland Drive. On en aurait presque oublié d’ailleurs, avec quel maestria, Lynch eu conduit l’ambiance sonores des ses films.
Une piqure de rappel des plus jouissives pour tout amateurs du cinéaste, tant certains passages de l’albums rappellent des situations sonores autrefois observées dans la filmographie du maitre. Le premier titre du disque Pinky’s Dream dont Karen O est l’interprète, de même que The Night Bell With Lightning et son balancement litanique réaniment certains espaces temps de Sailor et Lula. On s’imagine aisément dans l’anti chambre de Twin Peaks sur Crazy Clown Time.
Le disque emporte ainsi l’auditeur dans un univers où le rêve et la réalité se mêle subtilement, jalonné çà et là par l’étrange fantasmagorie de l’esprit Lynchien. Propices à l’évasion, les nappes sonores développées oscillent entre l’étrange et le merveilleux. Au gré des notes, elles façonnent une ambiance onirique, emprunte d’un spleen, qui transcendera certainement le mélomane averti. Un disque qui s’écoute autant qu’il se médite !

